Dans le cadre du Critérium de la Première Neige 2025, découvrez l’interview de Victor Muffat-Jeandet, le combattant de Val d’Isère.
Une nouvelle saison débute. Dans quel état d’esprit arrives-tu à Val d’Isère ?
« Comme toujours, j’ai une énorme envie de revenir à Val d’Isère et de retrouver le public français, presque comme à la maison. L’an dernier reste l’un de mes plus beaux souvenirs de carrière : après mes blessures et des années de doute, j’ai enfin retrouvé mes points en Coupe du Monde. L’émotion était incroyable, surtout lors de la première manche avec le public derrière moi. J’ai vraiment hâte de revivre cette expérience et d’aller encore plus loin cette saison, avec deux belles manches à disputer. » – Victor Muffat-Jeandet
L’an dernier, tu avais choisi de te concentrer sur le slalom. Avec du recul, qu’est-ce que ce choix a changé dans ta préparation ?
« Ce n’était pas un choix facile, il a fallu faire le deuil du géant, mais avec le recul, c’était la bonne décision. On l’a vu tout au long de l’hiver : j’ai réintégré le top 20 mondial et remporté des manches de Coupe du Monde. Sans ce recentrage, je n’aurais pas pu retrouver une pleine concentration. Aujourd’hui, le ski de haut niveau est très spécialisé, pour bien performer, il faut pouvoir s’entraîner spécifiquement dans sa discipline. Ma vie a un peu changé : j’ai moins de courses, mais j’en profite davantage. Avant, à Val d’Isère, je courais le géant sur la Face de Bellevarde le samedi, et le lendemain je devais enchaîner avec le slalom, souvent fatigué, avec le dos et les jambes lourds. Désormais, je n’ai qu’une course, j’arrive le dimanche matin avec plus d’envie, plus de fraîcheur, et je me sens vraiment dans les meilleures conditions. » – Victor Muffat-Jeandet
Courir à Val d’Isère, c’est être à la maison , qu’est-ce que ça te fait de lancer ta saison ici ?
« Courir en France, et encore plus à Val d’Isère, c’est vraiment spécial. C’est un peu comme être à la maison, avec un supplément d’âme incroyable. On sent la ferveur du public dès le départ, et dans l’aire d’arrivée, tout le monde est derrière nous ! Pour moi, ça décuple les émotions. Certains pourraient y voir une source de pression, mais j’essaie toujours d’en tirer le positif et de transformer cette énergie en force. C’est à la fois un moteur émotionnel et un vrai booster de performance. » – Victor Muffat-Jeandet
Aujourd’hui, qu’est-ce qui nourrit encore ta motivation à rester dans le circuit ?
« Ce qui me motive avant tout, c’est l’envie de skier. J’ai toujours la même passion, le même plaisir d’aller sur les pistes. Chaque sensation reste unique, et c’est ce que j’aime le plus au monde. Même en mai dernier, en skiant à Val d’Isère, je me suis rendu compte que je ne me lasserai jamais de tout ça. Cette passion me porte au quotidien. J’ai la chance de partager des moments formidables avec le groupe, et je vis vraiment la vie dont j’ai toujours rêvé. Tant que je le pourrai, je continuerai. » – Victor Muffat-Jeandet
Pour cet hiver, quels objectifs t’es-tu fixé ?
« Je sais que j’ai le potentiel pour viser les podiums en Coupe du Monde de slalom, j’en suis passé tout près sur plusieurs courses l’an dernier, donc j’ai vraiment hâte de continuer à m’exprimer à ce niveau. Évidemment, décrocher une sélection pour les Jeux Olympiques fait aussi partie de mes grands objectifs, afin de pouvoir vivre pleinement cette expérience unique. L’idée, c’est d’abord de performer sur la Coupe du Monde, puis de me tourner vers les JO. » – Victor Muffat-Jeandet
Si tu devais décrire le Critérium en trois mots à quelqu’un qui ne connaît pas la course, lesquels choisirais-tu ?
« Je dirais «unique», pour son ambiance incroyable et sa piste mythique. «Brutale», car il y a toujours beaucoup de glace, la Face de Bellevarde est l’une des pistes les plus raides et exigeantes du circuit. «Légendaire», parce qu’elle fait partie intégrante de l’histoire du ski alpin et du sport français. » – Victor Muffat-Jeandet
Quelle est la première chose que tu fais en arrivant à Val d’Isère ?
« La première chose que je fais en arrivant au Critérium, c’est déneiger ma voiture. C’est le début de l’hiver, il y a toujours de la neige fraîche, et c’est vraiment agréable de commencer la saison comme ça. Ensuite, je passe au Club, qui est un peu ma deuxième maison. Ils ont l’habitude de me voir arriver avec tous mes skis et mes bagages. Que ce soit pour un entraînement ou une compétition, je peux m’installer facilement et ranger tous mes skis dans la grande salle du Club. Je profite aussi de la salle de musculation, honnêtement, je pourrais presque y vivre ! Il ne me manquerait qu’une chambre, d’ailleurs j’ai presque l’impression d’avoir un abonnement à l’année. » – Victor Muffat-Jeandet